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Affaire MURRAY

"S’agissant de la décision obtenue par les fans de Mickaël JACKSON :  j’ai travaillé de manière désintéressée compte tenu du caractère exceptionnel de cette procédure.
Cette décision est une première mondiale." 
Me LUDOT Emmanuel

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Mort aux urgences de Reims, le CHU épinglé

Yvette Mendel, 73 ans, est morte dans la salle d’attente des urgences en mars 2018. Le premier rapport de l’expert médical relève « un manquement dans la prise en charge ».

Les faits

Le 6 mars 2018, Yvette Mendel, 73 ans, décède sur un brancard alors qu’elle attend d’être prise en charge aux urgences du CHU de Reims depuis plus de deux heures. Elle fait un arrêt cardiaque et ne peut être réanimée. Dès le lendemain, le parquet ouvre une enquête en recherche des causes de la mort.

Le 9 mars, une requête est déposée auprès du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne par Me Emmanuel Ludot, l’avocat du fils de la victime, afin qu’un expert médical soit mandaté. La ministre de la Santé demande des comptes à l’hôpital.

Quelques jours après, l’Agence régionale de santé (ARS) diligente une inspection. À la fin du mois de mars, le tribunal administratif missionne un expert.

Il n’a toujours pas réussi à faire son deuil. Marc Mendel, le fils d’Yvette, cette septuagénaire rémoise décédée sur un brancard alors qu’elle attendait depuis plus de deux heures d’être prise en charge, veut comprendre pourquoi, comment et de quoi sa maman est morte.

Balançant entre colère, incompréhension et tristesse, il veut que toute la lumière soit faite autour du décès de sa mère. « J’ai obtenu quelques éléments de réponses à la lecture du prérapport de l’expert qui confirme ce que nous pensions : ce jour-là, ma mère n’a pas été prise en charge comme elle aurait dû l’être. »

Dans ce rapport, que nous nous sommes procuré, le médecin urgentiste, qui a été missionné par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, rappelle la procédure. Selon les recommandations de la Société française de médecine d’urgence (SFMU) : « Les patients doivent être évalués dans les 30 minutes qui suivent leur arrivée aux urgences, et au mieux dans les 10 minutes ».

Yvette Mendel a été prise en charge deux heures et cinq minutes après son arrivée, « lors de la constatation de l’arrêt cardiaque […] Elle n’a bénéficié d’aucun accueil infirmier, d’aucune prise de constante et donc d’aucune évaluation de son état ».

Un problème d’organisation au sein du service des urgences

Ce qui révolte le plus son fils, « c’est le passage où l’expert déclare qu’il y a «lieu de tenir compte, pour Mme Mendel, des souffrances endurées pendant la période d’attente aux urgences. Elle a passé seule, sur un brancard, les deux heures d’attente, sans avoir bénéficié d’aucune prise en charge ni d’attention par le CHU de Reims, alors que son état s’aggravait » ».

Sur l’accueil, le médecin urgentiste qui a mené l’expertise précise que « des travaux de réaménagement et de réorganisation étaient en cours à cette période aux urgences, modifiant les pratiques de l’ensemble des personnels des urgences mais également des intervenants extérieurs, en particulier des transporteurs (pompiers, ambulanciers) ».

Il évoque ce jour-là, en l’espace de quelques heures, un afflux massif de personnes : « Aux urgences de Reims, entre 12 h 05 et 16 h 20, heure d’inscription de Mme Mendel, 46 patients ont été inscrits. Une infirmière d’accueil était présente, mais un renfort infirmier à l’accueil est intervenu trop tardivement. » Et de conclure : « Il existe un manquement dans la prise en charge de Mme Mendel. Ce défaut d’évaluation initial de son état de santé a été préjudiciable et relève d’un problème d’organisation au sein du service des urgences. »

Une problématique nationale

Depuis mars, d’autres cas plus ou moins similaires ont été révélés un peu partout en France, rappelle Marc Mendel. J’ai l’impression que le fait d’avoir saisi la justice a contribué à libérer la parole. Cela a mis un terme à un certain fatalisme : les proches de patients décédés dans des urgences saturées se disaient que c’était ainsi, et qu’il fallait l’accepter.

Pour son avocat, Me Emmanuel Ludot, ce rapport témoigne de « l’état catastrophique dans lequel se trouvent les services d’urgences des hôpitaux français. On a une médecine à deux vitesses : les hôpitaux publics au budget de plus en plus serré, et les cliniques privées aux moyens conséquents ». Le rapport définitif de l’expert devrait être rendu à la fin du mois. Marc Mendel l’attend et espère « que l’État prenne ses responsabilités et mette les moyens financiers pour revoir totalement la prise en charge des urgences ».

Source : L'Union

LUDOT Emmanuel - Avocat

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