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Affaire MURRAY

"S’agissant de la décision obtenue par les fans de Mickaël JACKSON :  j’ai travaillé de manière désintéressée compte tenu du caractère exceptionnel de cette procédure.
Cette décision est une première mondiale." 
Me LUDOT Emmanuel

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Val-d’Oise : le dernier combat d’Alain Acariès contre l’armée et pour son fils mort

Il se bat depuis quinze ans pour son fils décédé. Soldat dans les Balkans, Ludovic a été emporté par un cancer en quelques mois.

Alain Acariès livre sans doute son dernier combat contre l’armée. Ce vendredi matin, devant le tribunal des pensions militaires de Paris, le père de Ludovic a tenté d’obtenir une pension pour la veuve de son fils qui est mort d’un cancer à 27 ans. Ludovic avait succombé, selon cet habitant de Chars, à une contamination à l’uranium appauvri (UA)* dans les Balkans. Ce que le ministère de la Défense conteste.

« Nous avons perdu devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, puis en appel. C’est notre troisième et dernière chance », confie Alain Acariès, sur les marches du palais de justice de Paris. « Le ministère de la Défense avait demandé que le tribunal n’examine pas notre dossier. Nous sommes ici, c’est déjà positif », confie celui qui mène ce combat depuis 15 ans.

Me Emmanuel Ludot a défendu le dossier d’Alain Acariès devant le tribunal. « La France est le seul pays qui n’a pas indemnisé les soldats. La Grande-Bretagne, l’Italie, les Etats-Unis ont reconnu le syndrome du Golfe. Mais en France, la Grande Muette cache tout », a souligné l’avocat après avoir évoqué la situation de Ludovic, engagé en 1992, puis comme volontaire en 1993. « Il a été affecté sur le front des Balkans. Le camion qu’on lui confie a été repeint aux couleurs de l’ONU. Il appartenait à l’Otan et revenait de la guerre du Koweït. » Un théâtre d’opération où les munitions UA ont été essayées en masse, sans que les soldats ne soient avertis des précautions à prendre. « Son camion n’a pas été décontaminé. Il fait un premier malaise sur l’aéroport de Sarajevo. Il est libéré le 30 mars 1994. On détecte un lymphome redoutable. Il est emporté en quelques mois. Il laisse une jeune veuve, un enfant de 5 ans, un père. » L’avocat a rappelé que l’autopsie de Ludovic prouvait, par la présence d’uranium, qu’il avait bien été contaminé.

Le ministère de la Défense a estimé, faute de recours effectué dans les six mois après la première demande de pension en 2003, que le dossier était définitivement clos. Un argument contesté par Me Ludot pour qui l’instruction judiciaire conduite par Marie-Odile Bertella-Geffroy sur le dossier de la guerre du Golfe suspendait la prescription. Une information judiciaire clôturée en 2016, les constitutions de parties civiles ayant été déclarées irrecevables. « La justice n’a pas été à la hauteur de ce qui s’est passé. Les familles ont attendu quinze ans. La famille de Ludovic vit dans une souffrance terrible », ajoute Me Ludot.

Le tribunal des pensions militaires de Paris rendra sa décision le 1er décembre prochain. Une ancienne adhérente de l’association a obtenu gain de cause à Rennes dans une procédure similaire. Dans son cas, le carnet de santé de son fils avait été falsifié par les autorités militaires. * L’uranium appauvri est un matériau très dense, en particulier utilisé pour percer les blindages, qui entre en fusion lors de l’impact. Mais après l’explosion, une partie de l’uranium se dissémine dans l’environnement, pulvérisé en nanoparticules métalliques radioactives, selon des scientifiques.

Source : Le Parisien

LUDOT Emmanuel - Avocat

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