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Affaire MURRAY

"S’agissant de la décision obtenue par les fans de Mickaël JACKSON :  j’ai travaillé de manière désintéressée compte tenu du caractère exceptionnel de cette procédure.
Cette décision est une première mondiale." 
Me LUDOT Emmanuel

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Un jeune Rémois est devenu stérile après une opération

Devenu stérile en 2013 à la suite d’une appendicite mal diagnostiquée, un jeune Rémois de 16 ans a attaqué le CHU de Reims en justice. L’affaire a été plaidée jeudi devant le tribunal administratif

En bonne pratique médicale », Loïc*, un jeune Rémois de 16 ans, aurait dû être opéré de l’appendicite le 31 décembre 2012, lorsqu’il s’est présenté au CHU de Reims, souffrant de douleurs abdominales péri-ombilicales et de vomissements. « Ce tableau », c’est l’expert médical mandaté par le juge qui l’affirme, « devait faire suspecter une appendicite, jusqu’à preuve du contraire. Ce diagnostic n’a pas été envisagé. Aucune imagerie n’a été demandée, ne serait-ce qu’une échographie abdominale… Je maintiens que ce patient aurait dû être opéré dans les 24 heures faisant suite à sa présentation aux urgences le 31 décembre 2012, vu le tableau clinique et biologique. Tout ce qui a suivi est la conséquence de manquements graves et répétés. »

Ce jour-là, Loïc a quitté l’hôpital… avec un simple diagnostic de gastro-entérite. Aujourd’hui, le jeune homme est stérile. Résultat, selon son avocat Me Ludot, « du parcours thérapeutique chaotique qui a suivi. Mon client a échappé à la mort à un cheveu ». C’est d’ailleurs pour juger des éventuels manquements du CHU de Reims que les parties ont été convoquées ce jeudi devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

«Ce patient aurait dû être opéré dès le 4 janvier… Tout ce qui a suivi est la conséquence des très mauvais choix thérapeutiques»

L’expert médical

Renvoyé chez lui, Loïc était retourné le 3 janvier 2013 aux urgences, où il sera finalement hospitalisé et opéré le lendemain. Toujours selon l’expert, « alors que l’échographie et le scanner laissaient suspecter une appendicite », il ne sera réalisé qu’une intervention de tentative de drainage par voie naturelle, « sans succès », et comme les choses ne s’arrangeaient pas, il sera réalisé le 8 janvier une cœlioscopie qui montrait « un aspect typique de péritonite, sans que la cause n’en soit recherchée… ». L’expert s’étonnera qu’un simple lavage avec drainage soit alors réalisé.

Le canal déférent droit sectionné accidentellement

Sorti de fait le 16 janvier, sans avoir été opéré de l’appendicite, Loïc reviendra le 21 janvier… « Si le scanner montre toujours un aspect de péritonite », c’est pourtant avec de simples antibiotiques qu’il repartira, pour mieux revenir aux urgences le 24 janvier… où il sera enfin opéré d’une péritonite par appendicite.

Comble de malchance, au cours de l’opération, le canal déférent droit, canal amenant le sperme du testicule droit vers la vésicule séminale droite du « réservoir », sera sectionné accidentellement. Loïc apprendra qu’il ne pourra plus procréer.

Et l’expert médical d’affirmer : « Les interventions des 4 et 8 janvier sont absurdes et difficilement compréhensibles, devant un tableau manifeste d’appendicite compliquée. Ce patient aurait dû, en effet, être opéré correctement dès le 4 janvier… Tout ce qui a suivi est la conséquence des très mauvais choix thérapeutiques, choix illogiques au regard des règles de l’art, compliqués, timorés et encore une fois incompréhensibles… La section du canal droit déférent me paraît être également surréaliste, car ce n’est tout de même pas la même région opératoire, et un déférent se palpe facilement. Je considère cela comme une maladresse… Cela aurait pu être évité. »

Un avis partagé par le rapporteur du tribunal administratif qui, dans ses conclusions, a demandé jeudi la condamnation du CHU de Reims à hauteur de 64 000 euros, estimant qu’il y avait eu une faute lourde et une perte de chance pour le patient d’avoir un jour des enfants.

L’affaire a été mise en délibéré au 25 janvier.

* prénom d’emprunt

Source : L'Union

LUDOT Emmanuel - Avocat

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