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Affaire MURRAY

"S’agissant de la décision obtenue par les fans de Mickaël JACKSON :  j’ai travaillé de manière désintéressée compte tenu du caractère exceptionnel de cette procédure.
Cette décision est une première mondiale." 
Me LUDOT Emmanuel

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Bébé secoué à Reims en 2012: le père condamné à un an de prison ferme

Jade est décédée le 21 septembre 2012. Elle avait 2 mois. Accusé de l’avoir secouée, son père a été condamné à un an de prison, la peine minimale.

Il avait reconnu avoir « secoué » Jade, parce qu’elle convulsait, avait les yeux révulsés. Il voulait la réveiller, « la faire revenir à elle ». C’était tout du moins la position du père de l’enfant, lors des différentes auditions qui avaient précédé sa mise en examen pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur un mineur de 15 ans par ascendant ».

Une position qu’il n’a pourtant pas tenue lors de sa comparution devant les assises. Le « secouement » est devenu « un geste de bercement ». Un changement de déclaration qui a perturbé le jury. L’avait-il oui ou non secouée ? La question lui sera posée à de nombreuses reprises tout au long de ces deux jours. « Je n’ai pas fait le deuil de ma fille. C’était toute ma vie… Mais je le jure, je n’ai pas fait le secouement comme l’a dit le médecin. J’ai peut-être eu un geste qu’il ne fallait pas, mais je ne l’ai pas secouée. Si j’ai eu un geste, c’est un geste involontaire, j’ai eu peur pour ma fille. Je voulais ma fille. Je l’ai toujours aimée. Je l’aimerai toujours… » La détresse de l’accusé n’a jamais été feinte. C’est un homme dévasté, profondément atteint, qui a témoigné d’un « moment de panique », ce jour-là. Un homme qui, cinq ans après les faits, n’arrive pas à remonter la pente, même si la naissance de sa deuxième fille, aujourd’hui âgée de 2 ans, est pour lui « un rayon de soleil ».

Sa femme, ses amis, tous ont témoigné d’un père attentionné, doux, incapable de faire quelque chose de violent vis-à-vis d’un enfant. Qu’il s’agisse des siens ou ceux des autres. La première fille de sa compagne le considère d’ailleurs comme son propre père. Tous vont témoigner d’un homme qui survit. « Il est en grande dépression. Il n’arrive plus à avancer. » Raconter les derniers instants de sa petite fille est pour lui insurmontable.

Cet enfant est mort d’un secouement violent qui a provoqué un hématome sous-dural»Nicolas Dhervé, avocat général

Il craquera plusieurs fois à la barre. Il s’est d’ailleurs effondré à l’écoute des réquisitions de l’avocat général : huit ans de prison ferme avec mandat de dépôt criminel. À l’opposé, ses avocats ont plaidé l’acquittement au bénéfice du doute. Tout au plus Me Ludot avait plaidé pour une requalification en homicide involontaire (lire ci-après).

L’homicide involontaire, l’avocat général, Nicolas Dhervé, n’y a jamais cru. « Pour moi, les choses sont claires, la seule chose obscure dans ce dossier, c’est son positionnement et ses explications. I l y a bien eu victime… Il y a bien eu violence. Les violences, c’est le secouement qui a été mimé par l’expert. Il le fixe à 7 sur une échelle de 1 à 10. C’est donc un secouement très violent qui a provoqué un décès très rapide. Lorsque les secours arrivent, il est trop tard. On a essayé de vous trouver toutes les causes possibles et imaginables allant parfois en dépit du bon sens. On vous a parlé d’une naissance prématurée, puis des vaccins, puis de la maladie des os de verre… Les experts ont été clairs. Cinq médecins affirment la même chose : cet enfant est mort d’un secouement violent qui a provoqué un hématome sous-dural… »

Le parquet avait requis huit ans

Pour lui, pas de place au doute, « les choses sont claires. Il n’a pas réussi à calmer sa fille, alors il l’a secouée… Aujourd’hui, il ne veut pas ou ne peut pas l’admettre. Ça ne l’empêche pas d’être un bon père de famille. Mais ce jour-là, par-delà toutes ses qualités, il n’a pas su gérer la situation. La vérité elle est là : c’est celle d’un père qui n’a pas su gérer son enfant et qui l’a tuée sans le vouloir. »

Au terme d’un délibéré long de cinq heures, le jury a déclaré l’accusé, Jérôme Barbarowicz, 41 ans, coupable de violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il a été condamné à la peine minimale d’un an de prison ferme.

Source : L'Union

LUDOT Emmanuel - Avocat

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