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Affaire MURRAY

"S’agissant de la décision obtenue par les fans de Mickaël JACKSON :  j’ai travaillé de manière désintéressée compte tenu du caractère exceptionnel de cette procédure.
Cette décision est une première mondiale." 
Me LUDOT Emmanuel

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Brûlé dans un accident du travail et contraint de lutter pour être indemnisé

Reims Juin 2015 : ce soudeur qui avait créé sa société frôlait la mort. Aujourd’hui, le RSI refuse sa prise en charge au motif que ses arrêts maladie n’ont pas été envoyés dans les délais. 

C’était dans la nuit du 2 au 3 juin 2015. Jérémie Devaux, tuyauteur-soudeur installé à son compte depuis l’année précédente, est contacté par Cristanol, basée à Bazancourt, pour procéder à un dépannage d’urgence. L’arbre d’un des malaxeurs de la société vient de se briser. Celui-ci est mis à l’arrêt afin que Jérémie Devaux, vers 5 heures, puisse intervenir. Soudain, une trémie – sorte de grand entonnoir destiné à stocker grain, sable, etc. – située au-dessus du jeune homme s’ouvre, vraisemblablement à la suite d’une erreur de manipulation d’un des salariés de Cristanol.

Encagoulé et ganté, Jérémie Devaux est en train de souder lorsque des particules fines sont libérées, lesquelles se transforment en boule de feu. « J’ai senti que ça grésillait derrière la tête, c’était le feu » , se souvient Jérémie Devaux, rencontré dans le bureau de son avocat, Emmanuel Ludot.

PÈRE DE TROIS ENFANTS, IL N’EST PAS AUJOURD’HUI EN MESURE DE TRAVAILLER

Attaqué par les flammes, il parvient à s’extraire de la cuve. Transporté au centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims puis, une fois les paramètres vitaux stabilisés, héliporté à l’hôpital des grands brûlés de Metz, l’autoentrepreneur est brûlé au 3 e degré sur les cuisses, les bras et les mains, plus légèrement au visage. Il souffre également de brûlures internes au niveau de la gorge et des poumons.

Les médecins décident de le placer en coma artificiel. Peu à peu, la victime, qui subit une greffe de peau pour ses mains, remonte la pente. Après trois semaines d’hospitalisation, Jérémie Devaux est autorisé à regagner son domicile. Dépendant d’un tiers pour la toilette, l’habillage et l’alimentation, il retrouve la capacité de préhension de ses mains qu’en septembre.

Pourtant, ce père de trois enfants et marié avec une femme actuellement sans emploi, n’a encore reçu aucun centime de remboursement de la part du régime social des indépendants (RSI). Motif : il n’a pas envoyé ses arrêts maladie dans les délais réglementaires. Les dizaines de milliers d’euros nécessaires à son rétablissement – évacuation en hélicoptère, frais d’hôpitaux, etc. – n’ont toujours pas été payés. « Je ne vois pas comment on peut envoyer des courriers quand on est dans le coma… » , fait mine de s’interroger Emmanuel Ludot.

 

Heureusement que j’ai eu ma belle-famille à mes côtés mais là, ça ne va plus pouvoir durer »

Jérémie Devaux

Lorsqu’il a été autorisé à reprendre une activité professionnelle, en juin 2016, Jérémie Devaux devait porter des gants aussi spéciaux que coûteux – près de 800 euros les trois paires – afin d’éviter toute contamination. Là encore, le RSI refusait de payer. « Je me suis fait prêter de l’argent par ma belle-famille » , soupire Jérémie Devaux. Rapidement, il dut pourtant s’arrêter à nouveau. Ses mains ont gardé comme séquelle une hypersensibilité aux variations de température.

« Je ne peux plus souder , regrette-t-il. Oui, je ressens une certaine colère. Je n’ai rien à me reprocher dans toute cette histoire, je ne suis pas en faute et aujourd’hui, je ne peux assurer avec mes clients – ils savent ce que j’ai eu . Heureusement que j’ai eu ma belle-famille à mes côtés mais là, ça ne va plus pouvoir durer. » Emmanuel Ludot en est convaincu : « Dans ce dossier, il y a eu des négligences de tous les côtés, c’est lamentable. Si tout avait fonctionné, aujourd’hui, M. Devaux serait indemnisé. » Fin octobre, les faits ont été exposés devant le tribunal des affaires sociales.

La représentante du RSI, chargée de régler ce type de contentieux, a évoqué des impayés de la part de la victime pour justifier le choix du RSI. La décision a été mise en délibéré au 27 novembre.

Source : L'Union

 

LUDOT Emmanuel - Avocat

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Aux éditions Tatamis

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